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Eglise catholique en Vallée d'Aulps |
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Le 26 août dernier, par ordination, je suis devenu votre évêque. Le Cardinal Louis-Marie BILLE concluait ainsi son homélie : "L'Eglise, dans un pays comme la France, connaît un exode parfois difficile. C'est le peuple de Dieu tout entier qui cherche la route. Tu devras conduire la portion du peuple de Dieu qui est en Haute-Savoie. Puisses-tu ajuster ton pas au sien. Puisses-tu lui faire presser le pas". Depuis ce jour j'ai pris le temps de rencontrer et d'écouter (et j'ai encore beaucoup à faire !), dans le souci de connaître ce diocèse qui m'est confié, afin que nous choisissions ensemble les chemins que le Seigneur nous appelle à prendre.
Parmi les chantiers déjà ouverts par Monseigneur Hubert BARBIER, figure celui des Unités Pastorales Nouvelles. Un document intitulé "Le courage de l'avenir", daté de mars 1999, donne les grandes orientations. Un groupe de travail a conduit la recherche et animé de nombreuses rencontres à travers le diocèse. L'investissement des paroisses et secteurs a toutefois été variable. En prenant compte ce qui a été fait, sans rien perdre du souci des réalités humaines, et gardant le cap de la Mission que le Christ nous confie, il nous faut tous ensemble progresser pour un authentique RENOUVEAU DE NOTRE VIE EN EGLISE.
Si nous devons penser l'avenir de nos paroisses, ce n'est pas d'abord pour mettre en place des structures nouvelles, mais bien pour créer un nouvel élan qui soit, à la fois et inséparablement, chemin pour aller puiser à la Source et chemin pour rejoindre nos frères et sœurs en humanité. Dans la situation qui est la nôtre, il nous faut entendre l'appel que Jésus adressait à Simon-Pierre au bord du lac de Tibériade (après une nuit de pêche infructueuse) : "Avance en eau profonde !" ou bien "Va au large !". Cette double traduction recouvre deux expériences inséparables : l'Eglise qui va aux sources de la foi est en même temps une Eglise qui accepte d'aller au large pour annoncer l'Evangile. Notre Eglise diocésaine n'est-elle pas appelée à laisser raviver en elle, simultanément, et la profondeur de sa foi et l'élan de sa mission ?
DEMEURER DANS LA CONFIANCE
C'est un acte de foi que nous sommes invités à poser. Nous prenons appui sur la parole du Christ : "Je suis avec vous…" (Mt 28,20). Nous sommes appelés à la confiance. Cette foi donnée au Christ doit se traduire dans une confiance mutuelle qui bannit les peurs et les gémissements. Je ne crains pas pour l'avenir de la foi chrétienne parmi nous. Ce n'est pas naïveté. Rien ne sert de nier les difficultés. Il ne s'agit aucunement de rêver d'un retour du passé (à ne pas idéaliser). Les temps sont nouveaux, et ils sont nouveaux pour l'Evangile. Aussi, forts de tout ce que nous avons reçu, avec la grâce du Christ nous pouvons ouvrir aujourd'hui des sentiers nouveaux. Je vois des jeunes et des adultes heureux de croire au Christ, qui découvrent la nouveauté de l'Evangile et qui en vivent. Je vois des jeunes et des adultes qui expriment une attente profonde et qui demandent aux chrétiens d'entendre leur attente, de la comprendre et d'y répondre. Nous faisons, il est vrai, l'expérience d'une certaine pauvreté, mais notre pauvreté n'est pas misère ! Le dépouillement que nous vivons nous invite à aller à l'essentiel. Seule la foi pauvre est un terrain sûr où se tenir. Dans un monde qui raisonne en termes d'efficacité, de rentabilité, nous parlons de fécondité. L'organisation de la pastorale et la gestion des ressources sont évidemment nécessaires, mais c'est l'Esprit -et lui seul- qui donne fécondité à nos œuvres apostoliques.
LA PAROISSE
Nous avons été habitués à comprendre la paroisse autour de son clocher. La collaboration entre paroisses et l'organisation en secteurs pastoraux sont la prise en compte concrète de la nécessité de penser plus large. Si la diminution du nombre des prêtres a été, le plus souvent, la cause immédiate de ces alliances, c'est surtout la fragilité de communautés trop petites qui a exigé des collaborations plus étroites. La paroisse est comme une cellule de l'Eglise diocésaine (1) , chargée de vivre la mission de l'Eglise en un lieu. Toutefois ce n'est pas le territoire qui définit la paroisse, mais la communauté. Concrètement la paroisse est à penser comme une communauté de communautés (communautés locales, équipes de mouvements, aumôneries de jeunes, aumônerie d'hôpital, …) La paroisse est appelée à devenir toujours davantage - une communauté fraternelle où les vocations diverses se complètent et s'appuient les unes sur les autres, - une communauté où la diversité est vécue sous le mode de la complémentarité et de l'enrichissement mutuel, et non de la concurrence (encore moins de la jalousie !), - une communauté où prêtres, diacres et laïcs, religieux et religieuses, portent ensemble -chacun selon la grâce qui lui est donnée- la même et unique mission de l'Eglise, - une communauté où le ministère du prêtre est reçu pour y signifier qu'elle se reçoit du Christ et qu'elle est en communion avec les autres communautés, - une communauté où les charismes sont accueillis dans la communion et vécus dans un esprit de service, - une communauté qui met tout en œuvre pour être proche de chacune et de chacun, dans ses joies et dans ses peines.
LA MISSION DE LA PAROISSE
Elle met en œuvre la mission de l'Eglise, laquelle peut se résumer en trois mots : ANNONCER, CELEBRER, SERVIR.
La foi naît de l'écoute de la Parole de Dieu (cf. Rm10,17). C'est bien le premier devoir d'une communauté que de se mettre à l'écoute de la Parole, de se laisser elle-même évangéliser pour devenir évangélisatrice. La charge d'annoncer l'Evangile comme Bonne Nouvelle se décline en de multiples tâches : éveil à la foi, catéchèse des enfants, catéchèse pour adultes ("intelligence de la foi"), partages d'Evangile, formation, etc…
C'est dans sa vie liturgique et dans la célébration des sacrements -dont l'Assemblée eucharistique du dimanche est le coeur que chaque communauté puise son élan et son dynamisme. Chaque communauté paroissiale doit être en mesure de proposer le chemin des sacrements, d'accueillir et accompagner les diverses demandes (baptême, confirmation, mariage, sépulture religieuse…).
"Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur." (Vatican II, G.S.1). Prendre une part active à la construction de la cité, servir l'unité et la fraternité entre les hommes, c'est suivre le Christ serviteur de tous les hommes, de tout homme et de tout l'homme.
POUR PROGRESSER…
Nous nous mettons humblement devant la mission que le Christ nous confie aujourd'hui, dans le contexte qui est le nôtre. Nous savons bien qu'un renouveau des paroisses exigera quelques aménagements dans notre organisation. Puissions-nous ne pas nous préoccuper d'abord de nos fonctionnements, mais d'accueillir les appels que le Seigneur nous adresse. Nous savons bien que si nous cherchons à aller aux Sources c'est pour mieux accomplir notre mission de baptisés/envoyés au cœur de ce monde, au cœur de ce temps. Le moment est sans doute venu de prendre à notre compte l'appel de Jean-Paul II qui invite chaque Eglise locale "à faire mémoire avec gratitude du passé, à vivre avec passion le présent, à s'ouvrir avec confiance à l'avenir" (Id. N°1). Une première étape va nous conduire jusqu'à fin novembre 2002. Je souhaite que nous prenions le temps (en paroisse, en secteur, en mouvement, en équipe, en communauté, en aumônerie, entre catéchistes, entre jeunes parents…) de relire notre vie en Eglise, de nous dire comment nous vivons la triple mission de l'Eglise (annoncer, célébrer, servir), d'exprimer nos attentes profondes. Puissions-nous inviter largement ! Nous nous dirons ce que nous recevons des collaborations actuelles entre paroisses, entre paroisses et lieux d'Eglise divers. Nous formulerons ce qui est souhaitable pour l'avenir. Nous dessinerons ainsi progressivement les paroisses de demain, "communautés de communautés". Le premier dimanche de l'Avent, nous commencerons une nouvelle étape sur ce chemin du renouveau de notre vie en Eglise. Je confie notre démarche diocésaine à la prière de toutes les communautés chrétiennes, et d'une façon toute particulière à la prière des communautés contemplatives. Que souffle le vent de Pentecôte ! à Annecy, Pâques-Pentecôte 2002
† Yves BOIVINEAU Evêque d'Annecy
(1) "La paroisse est la communauté précise de fidèles qui est constituée d'une manière stable dans l'Eglise particulière (le diocèse), et dont la charge pastorale est confiée au curé, comme à son pasteur propre, sous l'autorité de l'Evêque diocésain." (Code de Droit canonique, 515,1)
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